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Réchauffement climatique : quel impact sur la flore alpine ?

Recherche, Sciences de l'Environnement

Une extinction probable des espèces alpines plus importante que celle prévue jusqu’alors

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On pensait jusqu'à présent que les plantes alpines allaient grimper en altitude à mesure que les températures moyennes allaient augmenter. Une nouvelle étude, menée par une collaboration européenne qui implique notamment Wilfried Thuiller, chercheur CNRS au Laboratoire d'écologie alpine (LECA - CNRS / Universités Joseph Fourier et de Savoie) montre que cette migration en altitude n'est pas si simple que cela. En combinant plusieurs paramètres, les chercheurs prévoient que face au réchauffement climatique, la flore alpine connaîtra une diminution de ses aires de répartition plus importante qu'estimée jusqu'à présent. Les espèces endémiques des Alpes devraient connaître les plus fortes pertes d'habitats.

En utilisant une nouvelle approche qui prend en compte la dispersion et la démographie des espèces, les chercheurs ont prédit qu'en moyenne, la réduction d'habitat pour les espèces alpines serait de l'ordre de 44 à 50 % pour la fin du XXIème siècle. Ces estimations de la diminution des surfaces viables pour les plantes alpines sont similaires aux estimations obtenues avec les modèles traditionnels.

Or, en utilisant ce nouveau modèle hybride, les chercheurs ont tenté de prédire la réponse dynamique en simulant la migration de 150 espèces de haute montagne en réponse au réchauffement régional dans les Alpes européennes.Principales nouveautés, la dynamique des populations serait décalée par rapport aux tendances climatiques. En d'autres termes, les plantes ne pourront suivre et s'adapter rapidement aux augmentations des températures conséquentes au changement climatique.

En effet, en moyenne 40 % des aires de répartition toujours occupées à la fin du XXIème siècle seraient situées en dehors des conditions favorables pour les espèces, ce qui créerait un délai d'extinction. Ces zones étant considérées comme des puits puisqu'elles contiendraient des populations en fin de course.

En complexifiant ainsi les paramètres de la simulation de la réaction de la flore alpine aux hausses de températures, ces résultats revisitent les conclusions optimistes sur les réductions modérées des aires de répartition des espèces alpines au cours du XXIème siècle, car elles donnent une idée erronée des effets à long terme du changement climatique sur la flore Alpine.


Référence :
Dullinger S. and al., (2012). Extinction debt of high-mountain plants under twenty-first-century climate change. Nature Climate Change.

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Mise à jour le 27 octobre 2015

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